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Anténor Firmin (Charles Dupuy)

Fils d’un modeste tailleur, Anténor Firmin est né le 20 octobre 1851, à la rue Saint-Nicolas, la rue 4, au Cap-Haïtien. Contrairement à une idée largement répandue, Firmin n’était pas autodidacte, au fait, après ses études secondaires au lycée Philippe-Guerrier du Cap, il entrera comme employé dans le commerce allemand (Maison Stapenhorst) d’où il sortira avec une parfaite maîtrise de la langue de Goethe. Nommé secrétaire d’ambassade à Paris, Firmin se lia rapidement d’amitié avec Louis-Joseph Janvier, un vieux parisien, qui l’introduisit dans les milieux intellectuels et scientifiques de...

1904-1954 : Le Collège Notre-Dame du Perpétuel Secours (Mgr Jean-Marie Jan)

Il y a cinquante ans, le 11 avril 1904, au dernier trimestre de l’année scolaire, le Collège Notre-Dame du Perpétuel Secours ouvrait ses portes. Modeste institution qui comptait alors comme élèves ceux de l’école primaire dirigée par M. Edmond Étienne. Le directeur était le Père Brangoulo jusque-là vicaire à la cathédrale et son collaborateur M. Edmond Étienne. Dans les années à venir, les élèves se multiplieront, les maîtres aussi; la maison ou se font les cours se transportera de la plaine au-dessus de la ville, symbole de l’ascension des esprits et des âmes opérée par la science qui...

La carrière politique de Joseph D. Charles (Charles Dupuy)

Dans Ô Jérusalem, leur ouvrage best-seller, Dominique Lapierre et Larry Collins racontent comment, le 29 novembre 1947, les représentants des cinquante-six pays membres de la nouvelle Organisation des Nations Unies allaient, à Flushing Meadows, en banlieue de New-York, décider de l’existence de l’État d’Israël. Pendant le répit de la fête de l’Action de Grâce, nous disent-ils, «quatre nations hostiles au Partage –la Grèce, Haïti, le Libéria et les Philippines- allaient être soumises à un incroyable déferlement de pressions et même de menaces.» (p.26) Plus loin, les auteurs nous apprennent...

La Fête du drapeau (Collectif Tet Ansanm pou Okap)

Le drapeau d'Haïti est reconnu comme l'emblème de la République (Constitution de 1987, article 3). Inspiré du drapeau français tricolore (bleu, blanc, rouge), il fut créé le 18 mai 1803, quand Jean-Jacques Dessalines, lors du congrès de l'Arcahaie qui regroupait l'ensemble des chefs de la Révolution haïtienne, arracha du drapeau tricolore français la partie centrale de couleur blanche. Catherine Flon prit les deux morceaux restants, le bleu et le rouge, et les cousit ensemble pour symboliser l'union des noirs et des mulâtres et ainsi créer le drapeau de la République d'Haïti. Depuis, tous...

La visite de F. D. Roosevelt au Cap-Haïtien, Juillet 1934 (Charles Dupuy)

Le 5 juillet 1934, à 6 heures 30 du matin, une escadre de quatre bateaux de guerre américains jetait l’ancre dans la rade du Cap-Haïtien. Parmi ces navires, le croiseur Houston qui portrait à son bord le président des États-Unis, Franklin Delano Roosevelt. À huit heures, le Houston commença a tirer une salve de 21 coups de canon à laquelle répondirent les canons haïtiens tandis qu’une dizaine d’avions militaires survolaient la ville. Le président Roosevelt venait rendre au président Vincent la visite que ce dernier lui avait faite quelque temps auparavant à Washington. Le président...

Les vieilles maisons capoises, un patrimoine en péril... (Renaud Hyppolite)

  • Excerpt:

    Pour ceux qui ont l'habitude de voyager, dans les villes d'Europe, tout comme en Amérique du Nord, au Canada ou en Amérique Latine, se trouve toujours une ville avec un vieux quartier où l'on se plaît à attarder nos pas pour mieux se pénétrer de l'âme de la cité. A titre d'exemple, citons au hasard la Vieille Havane à Cuba, le quartier du Marais à Paris. Le Vieux Québec à Québec, le Quartier Français ou Vieux Carré de La Nouvelle-Orléans. Au Cap-Haïtien, c'est la ville tout entière qui offre à nos regards son authenticité ancienne avec ses rides, ses façades un peu délavées, ses toits vétustes, ses balcons parfois branlants mais omniprésents, enserrant dans leur proximité l'étroitesse des rues tracées à angle droit.

Ce n'est ni un hasard, ni un caprice si cette ville a pour emblème le phénix, oiseau mythique qui renait de ses cendres. Fondée en 1670, la ville fut plusieurs fois détruite. En deux fois au début de la colonie par les Espagnols et les Anglais. Ravagée par le feu sous les ordres de Christophe pour barrer la route à l'armée expéditionnaire de Bonaparte en 1802. Complètement anéantie par le terrible tremblement de terre de 1842. A chaque fois elle a été reconstruite. Toujours on s'est évertué à réédifier les maisons à partir de leurs fondations avec peu ou pas de changement à leur aspect...

La Maison Altieri (Collectif Tet Ansanm pou Okap)

La Maison Altieri a été construite par François-Marie Altieri, ressortissant corse qui s'établit au Cap-Haïtien en 1884. Qui était donc ce François-Marie Altieri? Né en Corse, le 13 Octobre 1861, à Barrettali, fils de Donat Altieri et de Anne-Marie Mattei, il quitte la Corse, en décembre 1879, à l’âge de 18 ans, et émigre en Amérique. Il s’installe à Yauco (Porto-Rico), suivant les traces de son frère (Ange-Marie) et de ses cousins (Charles-François et Antoine Altieri). Il sera employé de commerce tour à tour, à la Société Fraticelli, puis, en 1881, à la Société Pieraldi. En 1882, il...

La Maison Altieri (Collectif Tet Ansanm pou Okap)

La Maison Altieri a été construite par François-Marie Altieri, ressortissant corse qui s'établit au Cap-Haïtien en 1884. Qui était donc ce François-Marie Altieri? Né en Corse, le 13 Octobre 1861, à Barrettali, fils de Donat Altieri et de Anne-Marie Mattei, il quitte la Corse, en décembre 1879, à l’âge de 18 ans, et émigre en Amérique. Il s’installe à Yauco (Porto-Rico), suivant les traces de son frère (Ange-Marie) et de ses cousins (Charles-François et Antoine Altieri). Il sera employé de commerce tour à tour, à la Société Fraticelli, puis, en 1881, à la Société Pieraldi. En 1882, il...

L’Orchestre Septentrional, « La Boule de feu d'Haïti» (Wilfrid Tony Hyppolite)

En cette année 2019, l’orchestre Septentrional vient de compléter les soixante-onze premières années de son existence et d’ouvrir le rideau sur la soixante-douzième. Le lundi 27 juillet 2048, SEPTENT aura cent ans. Osons-nous espérer après ? Pourquoi pas ! L’orchestre Septentrional, un groupe musical fondé le mardi 27 juillet 1948, est un pur produit provincial haïtien né d’initiative privée, mais qui a su relever le défi de l’existence dans la dignité; il a toujours su rester à la place qui est la sienne, celle d’une institution respectée et vénérée. Des hommes passent, une institution...

L’aménagement de Morne Lory : Une proposition de stratégie visant la réduction des risques naturels et la durabilité dans la ville du Cap-Haïtien (Jean-Guerby Dorimain)

Malgré son statut de « forêt nationale réservée », Morne Lory, une montagne se trouvant en contrefort de la ville du Cap-Haïtien (Haïti), fait l’objet depuis plusieurs années du phénomène de squattérisation suivi d’une urbanisation anarchique. L’installation des occupants clandestins et d’autres activités préjudiciables des occupants de facto dans la montagne altèrent son intégrité, augmentent sa vulnérabilité et portent atteinte aux patrimoines écologique, économique, esthétique et socioculturel du Cap-Haïtien. Les conséquences de cette mauvaise gestion du milieu s’amplifient d’année...

Les curieuses circonstances de la mort de Maître Vergniaud Leconte (Charles Dupuy)

Les circonstances qui entourent la mort de Maître Vergniaud Leconte ont provoqué, au moment où elles se produisirent, l’émotion la plus profonde dans la ville du Cap-Haïtien où, pendant fort longtemps, elles furent abondamment commentées. Elles sont plus ou moins oubliées aujourd’hui. C’est pour cette raison que je m’empresse de les raconter ici avant que le souvenir n’en soit complètement disparu. Rappelons qu’en 1931, Maître Vergniaud Leconte avait fait paraître une magistrale biographie consacrée à Henri Christophe, ouvrage dont l’éblouissante érudition devait séduire le grand public et...

Gérard de Catalogne (Charles Dupuy)

Gérard de Catalogne est né au Cap-Haïtien le 19 juin 1908. C’était le fils de Léo de Catalogne, un commerçant originaire des Antilles françaises et de sa femme, née Joséphine Geschler. Son grand-père français, Charles de Catalogne, pour avoir refusé d’abandonner le journal Les Antilles qu’il dirigeait dans la ville de Saint-Pierre, devait tragiquement disparaître, lui et toute sa famille, lors de l’éruption de la montagne Pelée en 1902. Sa grand-mère haïtienne, Madame Geschler-Massac, tenait au Cap une librairie très fréquentée par les intellectuels et, pour ce motif, très étroitement...

L’exécution d’un simple citoyen (Charles Dupuy)

Au matin du 3 janvier 1968, alors que la ville du Cap-Haïtien se remettait du tourbillon des fêtes traditionnelles de fin d’année, la radio invitait la population à se rassembler à la rue du Quai, devant l’église anglicane. Publiée à grands coups de clairon, l’annonce ne donnait pas plus de précision quant au motif de la convocation. Aussitôt un attroupement de curieux se massa à l’endroit indiqué où il n’attendit pas longtemps avant d’assister à l’exécution d’un homme par fusillade. Après un spectacle aussi macabre qu’inattendu, la foule muette des témoins bouleversés se débanda la tête...

L’Orchestre Tropicana ou la Fusée d’or (Collectif Tet Ansanm pou Okap)

L'Orchestre Tropicana d'Haïti est un groupe musical créé le 15 août 1963 au Cap-Haïtien. Cet Orchestre est issu de l'Orchestre Caraïbes qui avait pris naissance à la fin des années 1950. C'est, en mars 1963, lors d'une réunion à laquelle assistèrent quelques musiciens et fans de Caraïbes au Yanvalou Night Club qu'est venue l'idée à Bazile Cobty de rebaptiser le groupe Orchestre Tropicana d'Haïti, nom tiré d'un night-club à Cuba que Cobty avait l'habitude de fréquenter. La première répétition de l'Orchestre nouvellement formé a eu lieu le 24 mars 1963 dans une maison appartenant à Cobty. À...

Paul Magloire et Yolette Leconte (Charles Dupuy)

En 1950, Haïti vivait l’un des moments les plus heureux de son histoire. Avec son économie survoltée par la guerre de Corée et les prix élevés des denrées tropicales, l’avenir semblait prometteur pour le pays qui profitait d’un temps de paix intérieure et de prospérité financière tel qu’il n’avait connu depuis des générations. À l’époque, Paul Magloire était au sommet de sa popularité et son gouvernement semblait indestructible. C’est l’époque où l’on inaugurait le barrage de Péligre, le nouveau port du Cap-Haïtien, la nouvelle Route nationale numéro un, c’est aussi le moment où des flots...

Cap-Haïtien, repenser l’architecture du quotidien (Sébastien Eyma)

« Ce n'est ni un hasard, ni un caprice si cette ville a pour emblème le phénix… Toujours on s'est évertué à réédifier les maisons à partir de leurs fondations avec peu ou pas de changement à leur aspect d'origine.» Dr Renaud Hyppolite, 2013 Objectifs Classée par décret en 1995 afin de préserver son écriture urbaine des effets de la pression démographique grandissante, le Cap aujourd’hui est une ville « hybride » avec tous types d’interventions possibles et imaginables, toutes sortes de volumétries, toutes sortes de mauvaises copies d’éléments architectoniques. On...

Marc Verne et Marie Villarceaux (Charles Dupuy)

Quand en 1945, Marc Verne fait paraître son roman Marie Villarceaux, le succès s’avère retentissant et instantané. C’est un livre événement comme on en a que peu d’exemples dans l’histoire de la littérature haïtienne. Il faut remonter aux années de l’Occupation, au Nègre Masqué de Stephen Alexis, pour voir la chronique littéraire agitée d’un tel émoi. Les exemplaires du roman s’arrachent en librairie, on se les passe, on en discute en ville et dans les salons. Les connaisseurs se répandent en louanges sur la maîtrise de l’écrivain, sur ses dons d’invention et la pureté de sa langue. Le...

Luc Grimard (Charles Dupuy)

Avocat, diplomate, journaliste, enseignant, c’est le titre de poète que Luc Grimard préférait à tous ceux qu’on eut pu lui décerner. Né au Cap-Haïtien, le 30 mars 1886, il était issu d’une vieille famille aristocratique dont il hérite des traditions, de l’esprit et des manières. Luc Grimard se réclamait d’un certain colonel Chanche dont il était le petit-fils. Après avoir fait la guerre de l’indépendance dans l’état-major du général Henri Christophe, Chanche se révoltera contre ce dernier à la chute de la monarchie. Le père de Luc Grimard s’appelait Alphonse Grimard, un diplomate de...

La Belle Victoire (Charles Dupuy)

Après le départ de Légitime pour l’exil, c’est le président du Comité révolutionnaire, le général Florvil Hyppolite, qui, le 9 octobre 1889, entra dans la capitale pour prendre la direction des affaires de l’État. De sa femme, née Amélie Desnoyers, le général eut quatre enfants, Chéry, Lhérisson, Euponime et Lozama. Veuf depuis un certain nombre d’années, le nouveau président commença par chercher autour de lui la femme à qui il pourrait confier l’intendance du Palais. Celle-ci devait être une sorte de première dame sans le titre, une femme de confiance et, bien entendu, d’un dévouement à...

Le fabuleux destin de la Reine Marie-Louise d’Haïti (Charles Dupuy)

Christophe avait un caractère violent qui le poussait parfois aux pires actes de cruauté. Dans ces moments de colère, le seul être qui pouvait avoir quelque influence sur lui c’était sa femme, Marie-Louise. Marie-Louise Coidavid est née de parents affranchis, le 1er août 1778, sur l’habitation Bédiou, commune de Ouanaminthe. Devenue une douce jeune fille à l’heureuse physionomie, elle avait quinze ans quand elle épousa Henri Christophe au Cap-Français en 1793. Âgé de vingt-six ans au moment de son mariage, Christophe venait tout juste d’être nommé chef de brigade et instructeur de...

François Saint-Surin Manigat (Charles Dupuy)

Issu d’une famille d’éducateurs, François Saint-Surin Manigat est né au Cap-Haïtien le 7 mars 1847. Boursier du gouvernement haïtien à l’âge de 11 ans, il se rendit en France pour étudier à Versailles et puis à Paris, où il fut reçu bachelier ès lettres à la Sorbonne en 1869. Très impressionné par sa visite de l’exposition universelle de 1867, le jeune Manigat restera durablement marqué par la France du Second Empire «avec le développement prodigieux de l’industrie, des banques, des chemins de fer, des grands travaux d’urbanisme d’Hausmann, des fastes de la cour impériale et des salons...

La tumultueuse carrière politique du sénateur Jean Bélizaire (Charles Dupuy)

  • Excerpt:

    Né à la fin du 19ème siècle, Jean Bélizaire a grandi au Cap-Haïtien dans les temps politiques troublés qui ont précédé l’Occupation américaine. Enfant sous la présidence de Nord-Alexis, il était un homme fait à la chute de Vilbrun Guillaume-Sam. Témoin privilégié des guerres civiles, Jean Bélizaire représentait le parfait échantillon de l’ancien haïtien, de ces hommes incapables de forfaire à leur conscience et qui plaçaient le respect de la parole donnée au sommet du code de l’honneur. Inscrit au Barreau, Jean Bélizaire se bâtit rapidement une réputation d’avocat baroudeur et chicanier connu pour son caractère impétueux et vindicatif. C’est seulement sous la présidence de Sténio Vincent qu’il se lança en politique et découvrit sa véritable vocation. Élu une première fois à la Chambre des députés, Jean Bélizaire ne devait plus laisser le Palais législatif où le parlementaire vétéran qu’il était devenu siégera longtemps comme président du Sénat.

À chaque élection, Jean Bélizaire mobilisait la foule de ses partisans qui parcouraient la ville du Cap en vociférant leur terrible cri de guerre: «Cé la rage, Oh! Yo dit frè Jean pap passer! Cé la rage, Oh!» Au fil des années en effet, Jean Bélizaire avait patiemment mis en place une extraordinaire machine électorale qui assurait ses réélections au Palais législatif en attendant de lui ouvrir un jour, espérait-il, le chemin des hautes dignités qu’il ambitionnait. En fait, Frè Jean ne manquait jamais une occasion de soigner sa popularité auprès de ses nombreux partisans qu’il considérait...

Hammerton Killick (Charles Dupuy)

Au lieu de se rendre à la canonnière allemande Panther, l’amiral Hammerton Killick préféra se faire sauter avec son aviso de guerre, La Crête-à-Pierrot. La fin dramatique de l’amiral qui voulait éviter le déshonneur de la capture, se transformera, par amplification lyrique, en manœuvre la plus glorieuse de l’histoire de la marine haïtienne et fera entrer son auteur comme héros et martyr dans le panthéon national. Poèmes épiques, pièces de théâtre, timbres-poste honorent sa mémoire et son seul nom évoque à la fois, sens du panache, hardiesse, bravoure et patriotisme. Né en Hollande, en...

Silvio Faschi père dit (Blan Fachi), Capois d'adoption (Silvio Faschi)

Silvio Faschi père est né en Italie du Nord en 1908. Après avoir passé quelques années au Canada, il revient dans son pays natal où il poursuivit ses études. Diplômé en architecture, il quitta à nouveau l’Italie en 1932 pour se rendre en Haïti qu’il considère comme sa seconde patrie. Naturalisé haïtien, commerçant en matériaux de construction et entrepreneur, il réalisa de nombreux édifices (maison de Serge Villard, pour le clergé canadien local et pour des particuliers capois. Il a été président du prestigieux cercle culturel capois : Le Bibliophile du Cap. Décoré de la Croix Honneur et...

École Saint-Joseph du Cap – Haïtien ou École des Frères (Collectif Tet Ansanm pou Okap)

Le 4 février 1878, à la demande instante de Mgr Hillion, premier évêque du Cap-Haïtien, les Frères de l’Instruction chrétienne, établis en Haïti depuis le concordat de 1860, ouvrent un sixième établissement. LA CONSTRUCTION DE L’ÉCOLE ACTUELLE C’est en 1919 que l’École Saint-Joseph du Cap – Haïtien, communément appelée l’École des Frères va occuper l’emplacement actuel, lieu historique où s'est écrite une partie de l'histoire haïtienne. En effet, c’est là que se trouvait, au Cap-Français, la résidence du Gouverneur de la colonie de Saint-Domingue. Les lieux furent occupés ensuite par...

Hommage à Cary Hector (Charles Manigat)

Au nom de la Société Capoise d’Histoire et de Protection du Patrimoine, de l’INUJED, (Institut Universitaire des Sciences Juridiques, Économiques et de Développement Régional), en mon nom et celui de mon épouse Eva Péan, amie de jeunesse de Cary, cet hommage-témoignage : Mon frère Max, quelques heures après la mort de Cary, a fait paraître un texte pour saluer son départ. Ce court texte résumait à la fois le tout et l’essentiel de ce qui nous attachait à Cary. Je cite : «Il fut pour nous, les frères Manigat, Charles, Claude et moi, cet ami intime de chaque jour et de tous les jours. Merci...

L'exécution de René Péan (Charles Dupuy)

Entrepreneur de pompes funèbres, René Péan était accusé d'avoir tué un de ses clients. Arrêté et maltraité pendant sa détention alors que la justice instruisait l'affaire, sa femme se rendit à Port-au-Prince pour faire part de ses inquiétudes aux autorités de la capitale qui ordonnèrent la mise en liberté de l'inculpé. Lorsque le bruit se répandit en ville qu'elle avait dépensé une fortune pour obtenir la libération de son mari, le commissaire du gouvernement, Jean Valbrun, furieux, expédia un télégramme au président Duvalier pour lui faire accroire que la population du Cap vivait dans un...

Cap-Haïtien versus Jacmel, essai sur la ville en Haïti (Cap-Haïtian versus Jacmel: an Essay on Cities in Haiti) - (Isabelle Duhau et Jean Davoigneau)

Résumé : Les deux villes portuaires haïtiennes Cap-Haïtien et Jacmel ont bénéficié à peu d’années de distance d’un inventaire très complet du patrimoine bâti de leur centre historique qui permettent des comparaisons. Cap-Haitien, au nord de l’île au bord de l’Atlantique, fut pendant toute la période coloniale la principale et la plus riche cité des Antilles françaises, alors que Jacmel, au bord de la mer des Caraïbes au sud, demeurait un modeste comptoir, avant de connaître une période de gloire, après l’indépendance en devenant la capitale du café haïtien. À ces histoires singulières...

Cap-Haïtien versus Jacmel, essai sur la ville en Haïti (Cap-Haïtian versus Jacmel: an Essay on Cities in Haiti) - (Isabelle Duhau et Jean Davoigneau)

Résumé : Les deux villes portuaires haïtiennes Cap-Haïtien et Jacmel ont bénéficié à peu d’années de distance d’un inventaire très complet du patrimoine bâti de leur centre historique qui permettent des comparaisons. Cap-Haitien, au nord de l’île au bord de l’Atlantique, fut pendant toute la période coloniale la principale et la plus riche cité des Antilles françaises, alors que Jacmel, au bord de la mer des Caraïbes au sud, demeurait un modeste comptoir, avant de connaître une période de gloire, après l’indépendance en devenant la capitale du café haïtien. À ces histoires singulières...

Hommage à Miss Edith Robinson (27 Février 1920 - 28 Jan 1985), directrice fondatrice du Collège pratique du Nord (Lemane Vaillant)

À l'occasion du 32e anniversaire du décès de cette prestigieuse directrice, un de ses élèves, vous invite à vous arrêter un moment pour réfléchir à la vie de cette dame, Miss Edith F. Robinson, la fondatrice du Collège pratique du Nord (CPN). Hommage posthume à une très grande Dame de chez nous, de chez moi: Edith Robinson Je pensais qu'Edith Robinson était née un 27 Février entre 1923 et 1927. Je ne saurais préciser l'année. Ce n'était d’ailleurs pas une question à poser à Edith Robinson lors de ses anniversaires qu’elle célébrait avec nous, élèves de l’école entre 1959 et 1968. Les...

Le Cap-Haïtien et la gestion des risques de catastrophes : Urgence d’agir (Collectif Tet Ansanm pou Okap)

Capitale régionale du nord d’Haïti, le Cap- Haïtien a été fondé en 1670 au pied des mornes. La ville mesurait alors 600 m de long et 300 m de large et avait en tout 56 rues, îlots et carrés. Pendant tout le 19ème siècle, la ville a évolué lentement. La situation devint autre au 20e siècle et quittant les limites anciennes, la ville est depuis en constante évolution ; dans les années 80, elle s’est étendue sur les trois sections communales que sont la Bande Nord, à l’ouest, très montagneuse, le Haut du Cap et la Petite Anse, à l’Est, entièrement localisée dans la plaine entre la rivière du...

À la mémoire du Dr Charles Manigat (compilé par Tet Ansanm pou Okap)

Le Dr Charles Manigat est décédé, le 8 février 2021, à l'âge de 90 ans. Nous regroupons ici cinq des textes qui ont été publiés pour souligner sa grande contribution à la vie du Cap-Haïtien et à la nation. Charles Manigat, 5 Novembre 1930 – 8 février 2021 (Henri Piquion) Ne pleure pas Henri, ne pleure pas. Si tu devais pleurer chaque fois que la mort te prend un parent ou un ami, il ne te resterait plus de larmes pour pleurer de joie à la libération du pays. Même s’il s’agit de Charles Manigat, ton ami et frère, tu ne dois pas pleurer. C’est ce qu’il t’aurait dit. Il t’aurait...

Frantz Zéphirin - «Animaliste historique» (1968-)

  • Excerpt:

    «Frantz Zéphirin est aujourd’hui le représentant reconnu d’une nouvelle génération de peintres, qui, à l’instar d’Hector Hyppolite dont la peinture avait sidéré Breton, intègre à son art les divinités exubérantes et la symbolique ésotérique du vaudou. Artiste des mondes infra-marins et des grandes plongées historiques, il développe une peinture peuplée d’un ballet d’animaux sauvages, où le Baron Samedi et la Grande Brigitte, esprits des cimetières dans le culte vaudou, croisent les figures mythiques de l’Histoire d’Haïti. » (1) (2)

Louis J. Agenor (1925-1987)

  • Excerpt:

    Louis J. Agenor est né au Cap-Haïtien, le 20 novembre 1925. Aîné d’une fratrie de 5 enfants, il fit ses études primaires chez les Frères de l’Instruction Chrétienne (F.I.C.) du Cap-Haïtien. Dès cette époque, il manifestait un si vif intérêt pour les arts et la peinture qu’il essuyait à l’occasion les réprimandes de son père. Après des études secondaires au Lycée national Philippe-Guerrier, il se destina à l’enseignement.

Joseph René Vincent (1911-1979)

  • Excerpt:

    Né au Cap-Haïtien en 1911, Joseph René Vincent compte parmi les plus prolifiques peintres de la ville. Pendant longtemps l’un des deux photographes de la Cité christophienne, il est d’ailleurs le premier à y imprimer des photos en couleur.

Étienne Chavannes (1939-2018)

  • Excerpt:

    Comme nous l'a rappellé Jean Hérald Legagneur lors d’une conférence au Centre d’art, le 17 juillet 2018, Étienne Chavannes se révèle généralement festif, ludique par occasion, souvent bouillonnant à la limite même de l’effervescence dans sa manière de saisir ou de donner à voir des rituels religieux. (1)

César M. Müller (1903-1980) - (Chantal Paret Antoine)

  • Excerpt:
    Oh! ne plus savoir ce que c'est
    D'avoir la peau d'un nègre,
    Un cerveau de Français
    Et le cœur de l'Afrique au fond de la poitrine!
    Car tout le mal est là, tout le mal.
    Il est trop de contraires par notre sang charriés,
    Tout le mal,
    Tout le mal est d'être trop proche de la brousse,
    Tout le mal est d'être un être d'élection,
    De s'émouvoir du cuir heurté d'un tambour
    En même temps que des Chopin et des Corot,
    De goûter l'onomatopée et les palabres,
    Et de mourir aussi des sanglots d'un Verlaine

    Métissages (Louis Duplessis Louverture, 1944)